Aragon
Séjour en Aragon
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Départ 6 h 45 avec Philippe BD. pour retrouver à Oloron : Michel Cl., Gilbert S. initiateurs du séjour aragonais, Anne Bl., Gabriel M., Sylvie G., Dominique N, Philippe G., Marie D., Marie-France R.. Nous traversons la vallée d'Aspe et par le tunnel du Somport entrons en Espagne. Nous allons jusqu'à Arguis et la Sierra de Bonés.
Le soleil brille sur les montagnes. La température est fraîche : 5 degrés. 10 h 20, un sentier grimpe au nord-ouest, N330A. Arrivés à un croisement nous suivons le sentier à gauche tout en cherchant l'itinéraire plus à l'ouest.
Dans les bois, les échinocactus, et autres plantes, le sentier se faufile dans le secteur Salana de Atiales. Toujours vers l'ouest nous poursuivons l'itinéraire qui crochète au sud pour grimper sur un petit sommet : Paridera de la Hoya de Reguero (1508 m.). La vue sur les sommets au sud se perd dans les nombreuses sierras. Par le Collado Morallôn (1479 m), nous repartons au nord.
Alors, à nouveau nous longeons une crête avec des mamelons et sommets qui s'effilent et tombent en à-pic sur ses parois sud. Un important cairn cylindrique marque le sommet de Bonés (1608 m.). Nous revenons en dessous de la crête, traversant des petits névés. Laissant le chemin de l'aller l'itinéraire est poursuivi d'un bon pas, au nord par Raya des Pozo. Sur une hauteur, au milieu des rochers et de l'herbe nous nous installons pour déjeuner, à 14 h 20. C'est une heure espagnole qui peut chambouler les estomacs. Chacun gère ou digère !
Trois quarts d'heure après, nous poursuivons la boucle à l'est.Le chemin domine un petit lac clôturé. Derrière, dans la végétation se cache l'ermitage de Santa Magdalena. La petite bâtisse sert éventuellement de refuge. Le cheminement suit sa trajectoire à l'est, traverse des ruisseaux pour atteindre un croisement qui retrouve l'itinéraire de la montée.
Face à nous le lac d'Arguis miroite des reflets de montagnes et verdures venant du fond des temps. Nous atteignons le point de départ à 17 h 49. Alors s'engage un long parcours pour nous rendre dans un hôtel à Plasencia del Monte. Les formalités sont compliquées. Peu d'entre nous maîtrisent correctement l'Espagnol et l’hôtesse d’accueil nous confond avec des extra-terrestres. Par la suite elle se rendra compte que nous sommes des terrestres extras !
Enfin nous obtenons nos chambres, après un parcours labyrinthique. Ceci faisant certainement partie de la randonnée ! L'apéritif étant dans le programme, c'est avec assiduité que nous faisons honneur aux graines et autres liquides. Le repas est chiche mais sans pois ! La fatigue écrasante laisse à la nuit ses échanges et conciliabules avec les réflexions oniriques.

Lever 6 h 45, préparatifs. Le petit déjeuner non compris n'est servi qu'à partir de 8 h 30, donc beaucoup de temps perdu ! La route est longue pour rejoindre Huesca et Vadiello. Le groupe des randonneurs du CAF, vaillants et déterminés semble d'attaque pour affronter cette randonnée qui s’avérera plus longue et ardue qu' attendu.

La température est fraîche. Les rayons du soleil n'ont pas encore pénétrés le niveau du sol. Le ciel bleu encadre les Mallos de San Jorges et Ligüerri qui dressent leurs murailles conquérantes. 10 h 20, nous suivons la piste à l'est qui longe l'Embalse de Vadiello et ses nombreux méandres.
Un sentier part à gauche, descendant au nord passe près de l'ermitage en ruine de Santa Cruz. Se faufilant dans la végétation en revenant vers l'ouest le chemin amène face à l'immense ermitage de San Cosme y San Damian. Celui-ci est entouré de hauts murs et d'un grillage infranchissable. Collée contre les parois rocheuses, même en partie en ruine la bâtisse résiste au temps.

Nous repartons à l'est, nord-est toujours au milieu de la végétation et de la roche à la rencontre d'autres ermitages : San Miguel, San Urbez de la Fuensant. Derrière l’ermitage San Miguel coule une source dans un bassin d'eau naturel. L'itinéraire revient au sud, aborde l'ermitage San Grégorio, puis à l'ermitage de la Fabana, opère un virage en épingle tout au nord. Quelques petits virages poursuivent vers le nord, puis selon le relief, creux et bosses repartent par une piste au sud.
Innocemment mes camarades et moi-même discutons de la beauté du paysage, des plantes qui l'ornent et l'embaument : thym, romarin, genévriers, arbustes, fleurs et autres végétaux, sans se douter de la suite. Le Tozal de Guara enneigé domine les crêtes. Cependant, face à nous au nord-ouest se présentent deux massifs rocheux : Punta Négra à gauche, Las Gargantas et Pico Pondaliaga à droite et c'est entre les deux que nous devons grimper au pico Mondinero.
Ce qui semblait une plaisanterie vue de loin s'avère l'objectif infranchissable. Plus personne ne rigole ! Engagés dans la végétation dense et la roche nous suivons un sentier qui se redresse fortement se faufilant dans un couloir caillouteux passant par El Pito. Le camino del Plano semble se séparer en deux. C'est par la droite que nous passons et escaladons un rocher de 5 ou 6 mètres muni d'une corde fixe à nœuds. S’aidant les uns, les autres nous rejoignons plus haut le sentier de gauche.

La suite est moins raide. Nous retrouvons Michel qui a pris l'autre passage moins technique. Le cheminement zigzague à travers les genévriers et autres buissons. Devant avec Gabriel nous atteignons le pic Mondinero à 14h. Philippe, Gilbert, Sylvie, Marie nous rejoignent. La vue est superbe, le Tozal de Guara enneigé, la Puntas de Ballemona, le Tozal de Cobilars, fuient par leurs crêtes vers l'est.
Le groupe rassemblé nous déjeunons en dessous du sommet. Les commentaires fusent sur cette ascension surprenante avec une pointe d'appréhension pour la descente. Mais le repas reste animé et joyeux chacun imaginant voler comme un oiseau, un parapente, un ballon dirigeable, tout en évitant un vol en étalage !
14 h, l' escarpement sous le sommet n'est pas aussi redoutable. Il suffit de trouver les contournements de certains passages. Le cheminement plus au sud évite la désescalade du rocher. Se frayer un chemin en repérant un itinéraire adéquat simplifie la trajectoire. C'est ainsi que nous parvenons, avec soulagement sur le vallon.

Nous retrouvons en partie le trajet de la montée, une large piste peu inclinée filant plein sud. Puis un virage ample part à l'ouest pour revenir au sud évitant l'itinéraire de l'aller. Nous retrouvons Anne qui s'était arrêtée après les ermitages. Tous ensemble nous abordons l'immense lac de Vadiello Guatizalema. L'astre solaire décline, mais la lumière colore un paysage fabuleux. Comme un gigantesque miroir, le lac reflète les montagnes, les arbres et autres végétaux ainsi que les nuages flottants comme des îlots éphémères portés par l'onde ou la douceur des vents.

À 18 h 27 nous retrouvons nos véhicules. Les rochers s'assombrissent. Le soir jette le voile de la nuit qui lentement recouvre le relief. Dérangées, des chèvres sauvages gracieuses s'écartent de la petite route vers le ravin. Le retour dans la nuit est long laissant défiler les images de cette randonnée originale et ces paysages inoubliables.
Arrivés à l'hôtel vers 19 h 40, après la douche, le champagne offert par Dominique pour fêter son anniversaire est dégusté solennellement, les bulles sont bien accueillies. Le dîner est avalé avec appétit d'autant qu'un plat de frites a complété le menu, plutôt menu !

Lever tôt, dès potron-minet, nous partons à Ayerbe pour prendre le petit déjeuner, l'hôtel ne le servant qu'à 8 h 30. Sur la route un de mes poèmes surgit dans ma tête :
« Des dentelles sombres dessinent le ciel
Peu à peu la lumière du jour éclaire
Les sommets et les crêtes pareils
Au faisceau ardent de l'astre solaire
Qui comme un ballon s'élève si fier. »
Une route sud-ouest nous conduit ensuite par une piste à Aguarales, une curiosité géologique due aux caprices de l'eau. Nous déambulons dans ce curieux labyrinthe de terre, roches, sable, coquillages montés comme des sculptures pointant vers le ciel. Nous quittons ce relief minéral pour prendre la route au nord. Des champs d'amandiers en fleurs attirent notre attention et les objectifs des appareils de photos.
C'est alors que nous arrivons au pied des Mallos de Riglos. Deux champs d'amandiers en fleurs étalent leurs fleurs roses et blanches dans un festival de dentelles et de crochets ciselés pétales par pétales. La visite terminée, boissons dans un bar, puis déjeuner en haut du village de Riglos complètent cette riche matinée. Ensuite nous montons pour une petite balade entre Mallo Pison et Punta Mallafre. La vue est belle et immense. Nous reprenons la route. Philippe ayant un spectacle à 20 h, fonce sur la route, avale les distances avec grand appétit, expédie Anne et Gabi à Oloron et me projette chez moi avec adresse et détermination. ll sera à l'heure et le meilleur spectateur de la salle festive.