Mercredi 4 février 2026

Pont de Camps

ski de Randonnée. Vallée d' Ossau - Pont de Camps : 1240 m. - Forêt vers la cabane de la Glère : 1600 m.

Infos :

  • Dénivelé cumulé : 550 m.
  • Distance : 9 km
  • Durée : 3 h 30 (arrêts compris)
  • Niveaux Physique : 1 à 2
  • Niveaux Technique : 2

Meteo

    Neige

Carte

Des colliers éphémères

Photo de Christian Ferrère

Je pars seul pour la vallée d'Ossau. L'incertitude de cette sortie m'amène à Pont de Camps où la route est enneigée, la neige tombe abondamment. La température est de zéro degré.

9 h 20, je suis la piste de ski de fond, le GR 108A, le long du Gave de Brousset. Les cimes sont brouillées. Le paysage est étrange. À l'ouest les branches de la forêt de sapins par leurs aiguilles se parent de flocons en guise de colliers éphémères. Au loin sur la route un chasse-neige fait des aller-retour.

Photo de Christian Ferrère

Aucune trace ne signale une présence. Le chemin proche de la forêt de Quèbes de Brousset se faufile contournant les gros rochers, approchant les cabanes des Quèbes et le Centre pastoral de Soques. Deux passages peu enneigés me contraignent à monter sur des petites pentes. L'inclinaison du parcours est faible.

Au niveau du pont et du croisement de la cabane du Caillou de Soques je continue le chemin au sud. J'ai des doutes sur l'itinéraire. Retour en arrière pour m'engager dans des pentes à l'ouest. Mais je n'ai aucun repère du fait de la neige abondante. L'ascension de la pente est raide malgré les lacets et conversions amorcées. Cependant des endroits sont en neige croûtée et verglacée. En mauvaise position je ne peux pas poser les couteaux sur les skis. Il ne me reste plus qu'à passer en force et être très vigilant.

Photo de Christian Ferrère

Enfin je parviens dans le bois. Je grimpe au niveau de la cabane de Gioulet. Je progresse sans deviner un quelconque itinéraire. Je pense être trop au sud. Je me dirige plus au nord-ouest. Mais la pente est très raide. Entre les arbres je ne sais plus m'orienter. Le soleil apparaît alors que les nuages s'évaporent.

Photo de Christian Ferrère

Seul dans cette forêt mon esprit vagabonde. Je songe au peuple Inuits (terme traduit par « être humain ») s’étant adapté aux rudes conditions de vie au pôle nord. Cette immensité de neige et de forêt donne l'impression de solitude et « d'hyperborée » (lieu paradisiaque, peuplé de géants (les arbres), où le soleil brille de manière constante.

Je plonge dans les pentes raides, parfois gelées. Il s'agit d'éviter la chute ! Le dérapage est utile pour sortir d'un mauvais pas. Ensuite s'enchaînent les virages souvent serrés. Parvenu sur la piste le paysage présente ses cimes enneigées, dans une beauté, une harmonie ainsi retracée dans le mythe Inuit d'A'akuluujjusi, une des déesses responsable du monde.

Photo de Christian Ferrère

Les aboiements des chiens de chasse m'extrait de mes rêveries. Soudain j'aperçois deux isards bondissant vers les hauteurs des falaises en face. Puis quatre coups de feu retentissent dans un silence d’effroi. La question se pose : la chasse est-elle l'assouvissement d'instincts de cruauté, une tradition ancestrale, une régulation des espèces faute de présence des prédateurs naturels ? Chacun tranchera...

La douceur s'installe. Au retour la neige est fondante. Trois raquetteurs avancent dans mes traces de ski. C'est surprenant de ne pas avoir l'idée de marcher à côté ! Pour éviter des passages peu enneigés je contourne des rochers, m'élève sur des petites pentes pour profiter de la glisse jusqu'au stationnement. Repas pris dans mon véhicule et retour dans la vallée, alors que le ciel se brouille à nouveau au sud. Ce fut une expérience de se trouver seul dans une nature attrayante, parfois énigmatique.